Alexandra est synesthète

Projet de court métrage d'animation (2010)

Peinture, encre, After Effect

Alexandra, c’est une de mes amies les plus chères, et c’est le sujet de mon projet de fin d’étude en illustration à l’école Estienne. C’est un projet très expérimental, qui n’a d’ailleurs pas aboutit puisqu’ayant mal estimé la tâche, je ne l’ai jamais fini. Je me suis présenté à l’examen avec des centaines de dessins (réalisés avec l’aide d’Hadrien), des sons, l’animatique d’une séquence, des plans presque finalisés… Beaucoup d’apprentissage !

« Tous les mots, toutes les personnes, tous les concepts ont une représentation dans ma tête. Systématiquement. […] Alors qu’est-ce qu’on voit dans un cerveau de synesthète graphem-couleur? Et bien quand vous me dites un mot, par exemple le mot table, le A est rose ! Et je ne peux rien y faire. […] les prénoms ont des couleurs associées, du coup je finis par associer ses couleurs à la personne. Et c’est très agréable de se souvenir d’une personne entourée de couleurs! ça donne l’impression de vivre dans un film et c’est agréable parce que la vie en est esthétisée. »

Interview d’Alexandra, le septembre 2009

Synopsis : Alexandra effectue un parcours urbain quotidien qui la mène de la faculté à chez elle. Au départ fugaces, ses visions synesthésiques investissent de plus en plus l’espace de la rue, jusqu’à son appartement, lieu imprégné de sa personnalité s’il en est.

Le projet aurait pris la forme d’un court-métrage d’animation où Alexandra nous aurait expliqué sa synesthésie. Cette forme résonne avec le caractère hautement cinématographique des visions, et restitue sa voix en plus de sa parole. Le genre du portrait documentaire place Alexandra dans un rapport direct au spectateur.

J’ai proposé un dessin libre, formé de zones colorées composées entre elles. Un nuancier élaboré avec l’aide d’Alexandraa installé un univers précis et cohérent. Les images ont été réalisées sur un format ¼ raisin, à l’aide de brosses et de pinceaux de différents calibres afin de conserver l’énergie et la spontanéité des première esquisses. Objectif : jouer avec les imprécisions, les tremblements du dessin afin de restituer l’émotion et la vibration de ces visions où « tout est aussi net qu’un rêve et aussi flou qu’un rêve ».

La voix d’Alexandra en OFF est le fil conducteur du court métrage. Elle est mélée à quelques unes de ses musiques préférées, celles qui lui font voir les choses les plus agréables.